Ultimate magazine theme for WordPress.

Monsieur propre face au défi Kinshasa !

0 40
  • En devenant gouverneur de Kinshasa, Gentiny NGOBILA, dont la priorité est notamment la lutte contre l’insalubrité, a hérité d’une ville dont le défi majeure demeure l’évacuation des déchets ménagers que la population produit au quotidien en quantité industrielle.  Grâce à sa détermination herculéenne, il croit parvenir à garantir aux kinoises et Kinois un environnement assaini, exempt des maladies.

Vaincre les vieux démons !

Gentiny NGOBILA MBAKA, Gouverneur de la ville de Kinshasa a du pain sur la planche. Avant de prendre les rênes de l’Hôtel de ville,  plusieurs stratégies d’assainissement avaient été appliquées, parfois sans succès. En 2012 par exemple, plusieurs campagnes de salubrité publique avaient été menées. Des poubelles publiques destinées à recevoir des déchets avaient été inaugurées, des arbres plantés (reboisement)… Une opération dénommée « Kinshasa : ville verte, salubre et cité de l’espoir » avait même été lancée. La Régie d’assainissement et des travaux publics de Kinshasa (RATPK) et le Fonds d’assainissement de Kinshasa avaient déjà fait ce qu’ils pouvaient faire, mais… par ailleurs, le Programme d’assainissement et d’urbanisation de la ville de Kinshasa (PAUK) et le Projet d’appui à la réhabilitation et l’assainissement urbain de la ville de Kinshasa (PARAU), réalisés de 2007 à 2015 grâce à l’appui financier de l’Union européenne avaient déjà pris fin. Cependant, la ville est toujours confrontée aux mêmes problèmes d’accumulation d’immondices qui dégradent l’environnement et qui causent des maladies.

Sans désemparer, NGOBILA MBAKA est déterminé à relever le défi. Depuis le samedi 19 octobre 2019, date de lancement de l’Opération Kinshasa-Bopeto (Kinshasa propre), par le Président de la République, Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, il est entré en « guerre » contre les immondices. Il l’avait déjà déclaré lors du premier conseil des ministres provinciaux tenu le 4 juillet 2019.

Besoin des ressources…

Pour y parvenir, les gouvernements national et provincial devraient mettre à sa disposition des moyens financiers conséquents. Pour assainir 9 communes de la capitale (Gombe, Barumbu, Kinshasa, Lingwala, Kintambo, Bandalungwa, Ngiri-Ngiri, Kalamu et Kasa-Vubu), le PARAU avait un budget mensuel de 1 million d’euros. L’Opération Kinshasa Bopeto prenant en compte 24 communes, celle-ci va nécessiter davantage des ressources financières, en infrastructures et en technologie.  Par exemple, un camion-benne d’ordures ménagères de 19 tonnes et d’une capacité de 13 mètres cubes revient à 160 mille euros. Or, il en faut plus de 24 à Kinshasa. Les moyens à mettre à la disposition de l’Hôtel de ville devraient correspondre aux besoins actuels en infrastructures, si l’on veut réussir. En 1960, Kinshasa avait une population estimée à 400 000 habitants, alors qu’aujourd’hui elle se situerait entre 12 et 15 millions d’habitants.

Le gouvernement appelé à mettre la main à la pâte

Par le passé, la question du financement de la salubrité de la ville de Kinshasa avait opposé le Gouvernement dirigé par le Premier ministre Augustin MATATA au gouverneur de la ville, André KIMBUTA YANGO. Avec la fin du PAPAU, le gouvernement et l’Hôtel de ville devaient cofinancer l’opération d’assainissement pendant une année, à raison respectivement de 80% et 20%. À lui seul, l’Hôtel de ville ne pouvait pas mobiliser ce montant. Sur les 800 000 dollars à débloquer mensuellement, le gouvernement devait débourser 640 000 dollars et le reste devait provenir de la ville de Kinshasa. Malheureusement,  le gouvernement avait décliné.

Aujourd’hui, si l’hôtel du gouvernement et l’Hôtel de ville se mettent à s’empoigner comme ce fut le cas en 2015, cela n’apportera rien comme résultat. A l’époque, le service de presse de MATATA PONYO avait rappelé à l’Hôtel de ville que l’assainissement, la collecte et l’évacuation des immondices dans toutes les provinces reviennent aux gouvernements provinciaux. André KIMBUTA avait répliqué accusant le BCECO de gérer l’argent destiné à l’assainissement de la ville.

Des initiatives pour financer l’assainissement

En devenant Premier ministre, Bruno TSHIBALA  avait signé le décret portant création d’un fonds d’assainissement de la ville de Kinshasa, en 2017. Ainsi, quatre services de l’Etat étaient chargés par le gouvernement, à travers une taxe, de financer la salubrité. Il s’agit de l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM), de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), de l’Office congolais de contrôle (OCC) et du Fonds de promotion de l’Industrie (FPI).  Il avait été décidé que la taxe d’assainissement soit insérée dans la structure des prix des produits plastiques ou conditionnés en emballages plastiques.

Capitale assainie, population en bonne santé

« Existe-t-il pour l’homme un bien plus précieux que la santé ? », demandait Socrate, philosophe Grec. A coup sûr, la propreté résoudra beaucoup de problèmes de santé à  Kinshasa et l’opération  est lancée notamment pour cela. Le 19 octobre 2019 à Bandalungwa, le Président de la République avait indiqué que le paludisme, la fièvre typhoïde et d’autres maladies viennent du fait que les habitants de Kinshasa jettent des immondices partout, même dans les caniveaux. Cela est d’autant vrai parce qu’avec le PARAU, les zones inondables de Kinshasa avaient diminué d’environ 40% et les  maladies d’origine hydrique avaient baissé de 50 à 70%.

L’adhésion et l’implication de tous

À l’instar des travaux communautaire obligatoires appelés communément « Salongo », instaurés en 1973  par le président MOBUTU,  l’Opération Kinshasa Bopeto nécessite l’adhésion et l’implication de la population kinoise dans son ensemble. Félix TSHISEKEDI a, à juste titre, responsabilisé tous les bourgmestres des 24 communes de Kinshasa, sous la supervision du gouverneur, pour la réussite de l’opération. « Vous les bourgmestres de nos communes de Kinshasa, soutenez les habitants de vos communes, trouvez leurs des bêches, des houes, qu’ils s’organisent rue par rue, qu’ils entassent leurs immondices chaque week-end. Nous sommes en pourparlers avec les partenaires qui viendront avec des véhicules spécialisés pour le ramassage », leur avait-il dit.

 

Déjà des bons élèves !

Sur le terrain, certains bourgmestres comme des citoyens consciencieux, par rapport aux autres, se démarquent. Ils ont fait de Kinshasa Bopeto leur propre lutte contre l’insalubrité. Dans la commune sportive de Matete, réputée à la fois rigoureuse, exigeante et non-complaisante, un notable ne lésine ni sur les moyens ni sur le temps pour placer sa commune bien au-dessus de la liste des meilleures communes. Il s’agit de Freddy BONZEKE ILIKI, actuel Directeur de cabinet du Gouverneur NGOBILA. Des chariots, des camions bennes et un engouement populaire tous les samedis, Matete vibre à ce rythme. Des alentours de la paroisse catholique Saint Alphonse où se tient le marché de fortune de cette Commune jusqu’à la sortie de l’avenue Kiyimbi, Kin-Bopeto se porte bien à Matete. Un autre qui se démarque, c’est bien Rossy KIWA, bourgmestre de la commune mère de Kinshasa dont l’entité se veut pilote dans la matérialisation de ce Programme du Gouverneur Gentiny NGOBILA.

5 axes prioritaires pour relever le défi Kinshasa

Contrairement à l’idée perçue, le Programme Kinshasa-Bopeto ne concerne pas uniquement l’assainissement de la ville comme d’aucuns peuvent à tort le croire. Chiffré à 2 milliards 64 millions 87 mille 598,50 dollars américains, Il s’agit d’un programme quinquennal bien plus ambitieux, bien plus complet prenant en compte quasiment tous les secteurs-clés essentiels au développement et à l’émergence de la capitale. Ce programme aux objectifs nobles et salutaires pour les habitants de Kinshasa s’articule autour de cinq axes jugés prioritaires par le nouveau Gouverneur notamment :

– L’amélioration de la gouvernance et le rétablissement de la sécurité ;

– La protection de l’environnement et l’assainissement de la ville ;

– La modernisation des infrastructures de base ;

– Le développement des activités économiques et la création d’emplois et enfin ;

– L’amélioration de la qualité des services sociaux de base.

 

  • Amélioration de la gouvernance et rétablissement de la sécurité ! :

Lorsqu’on sait que la RDC est un pays miné par la corruption, il n’est pas étonnant que le Gouverneur Gentiny NGOBILA ait choisi d’élaborer des stratégies afin de lutter contre ce fléau. Ainsi, son gouvernement s’est engagé pour ce qui est de l’amélioration de la gouvernance axée sur les objectifs du développement durable (ODD), à mobiliser les ressources par l’assainissement des finances provinciales, la mise en place d’une véritable chaine des dépenses publiques, le dispositif de contrôle budgétaire, le respect de passation des marchés publics, la redynamisation et la motivation des services de l’administration, la gestion administrative et ressources humaines pour le changement des mentalités, etc. Pour le secteur sécuritaire en vue de mettre fin aux kidnappings et au phénomène kuluna, il est prévu le renforcement des capacités de la police, l’amélioration du cadre juridique, la lutte contre l’impunité des malfaiteurs mis à la disposition de la justice, la réinsertion sociale afin d’accompagner les jeunes désœuvrés…

  • Protection de l’environnement et assainissement ! :

L’homme étant au centre de tout développement, sa bonne santé est un élément indispensable pour ce faire.

C’est dans cette logique que l’axe protection de l’environnement et l’assainissement de la ville a rapidement été lancé en date du 19 octobre 2019 par Son Excellence Monsieur le Président de la République Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO, au regard de la situation alarmante d’insalubrité dans laquelle vivait les habitants de Kinshasa. Pour prévenir contre les nombreuses maladies liées à l’insalubrité de l’environnement qui causeraient plus de 12, 06 millions de décès par an dans le monde selon les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), agir dans l’urgence comme l’a fait NGOBILA était nécessaire afin de sauver les vies des millions des kinois.

 

  • Modernisation des infrastructures de base ! :

Afin d’attirer davantage des investisseurs, le programme d’actions Kin-Bopeto va doter la ville des bâtiments administratifs et commerciaux, améliorer la voirie urbaine, améliorer l’état des routes secondaires afin de désengorger la circulation routière, etc. La décentralisation administrative en cours d’application va appeler la mise en place des infrastructures appropriées pour toute prestation et des agents motivés à tous les niveaux afin de redorer l’image ternie des services publics de la République Démocratique du Congo en général.

  • Développement des activités économiques et la création d’emplois ! :

Le programme quinquennal Kin-bopeto 2019-2023 du Gouverneur NGOBILA a prévu la création de plusieurs projets pilotes pour la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes.

Pour Gentiny NGOBILA, « il n’est pas trop tard pour bien faire et apporter des réponses appropriées à toutes les préoccupations de la population vivant à Kinshasa ». Kinshasa Bopeto est donc la solution adéquate.

De l’emploi aux jeunes, l’assainissement de la ville de Kinshasa nécessite que l’on recrute des travailleurs, des jeunes en particulier. Pour 9 communes, le PARAU employait 140 travailleurs dans ses 61 stations de transfert et au centre d’enfouissement technique à Mpasa. Une campagne qui concerne 24 communes a  besoin de plus de travailleurs. Le jour du lancement de l’Opération Kinshasa Bopeto, le chef de l’Etat Félix TSHISEKEDI avait demandé aux jeunes de s’approprier l’opération. « Je vous le demande, jeunes, parce que je crois en vous, rendez Kinshasa belle. Nous les autorités ferons tout pour que vous n’exposiez pas vos santés en faisant ce travail-là. Voilà pourquoi je responsabilise les bourgmestres sous la supervision du gouverneur de la ville. Chacun devrait organiser des brigades des jeunes dans les quartiers. Qu’ils soient équipés, et qu’ils soient aussi motivés. Il ne faut pas qu’ils travaillent sans salaire. L’argent des taxes que vous récoltez dans les marchés, donnez-le à ces jeunes », avait-il déclaré. Par ailleurs, l’Hôtel de ville pourrait signer des partenariats avec les sociétés spécialisées dans la collecte et le recyclage des déchets.

Avec la technologie, les déchets pourront ainsi être transformés en engrais, en pavés ou comme gaz méthane, ce qui va donner de l’emploi à la population.

  • Amélioration de la qualité des services sociaux de base ! :

Sous cet axe, le Gouvernement provincial a prévu la multiplication des centres professionnels de formation des jeunes et des femmes, des soins de santé à la base, l’éducation pour tous, promotion de l’entreprenariat féminin et des jeunes, partenariat public-privé. Une initiative qui viendra concrétiser la vision du Chef de l’Etat Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO concernant l’amélioration du social. L’institut national de préparation professionnelle (Inpp) étant le seul établissement étatique chargé de la formation professionnelle, il ne sait pas remédier aux nombreux problèmes d’encadrement et de réinsertion sociale de la population kinoise en particulier, qui est très touchée par des problèmes tels que les enfants de la rue, les jeunes désœuvrés et autres.

 

 

Mieux qu’un simple Programme, un esprit des lois !

Ce qui veut dire, le respect absolu des droits et obligations, des règles qui régissent la République. Pour l’initiateur de ce concept, il est impérieux que les Kinoises et les Kinois s’engagent à combattre fermement toute attitude et tout comportement inciviques devenus malheureusement monnaie courante dans la capitale RD-congolaise, que ce soit de la part des usagers des services publics ou de ceux sensés assurer l’ordre public dans la ville. De même, pour réduire les embouteillages sur les routes, l’autorité urbaine encourage la courtoisie routière, le respect mutuel et le professionnalisme de la police de circulation routière. «Kinshasa Bopeto», c’est aussi la lutte contre la corruption et d’autres antivaleurs.

L’actuel Gouverneur de Kinshasa, dans son programme de gouvernance, a exprimé  aussi sa détermination et sa bonne volonté de mener une lutte sans merci contre le coulage des recettes, le détournement des deniers publics dans les finances publiques de la ville,  la corruption, le clientélisme, le népotisme, le tribalisme, l’utilisation irrationnelle des biens publics au sein de l’administration de la ville province de Kinshasa.

Par ailleurs, le gouverneur de la ville de Kinshasa à travers l’exécutif provincial entend aller en guerre contre la délinquance dans la  ville de Kinshasa, le taux élevé de chômage, l’augmentation inquiétante du nombre d’enfants de la rue ainsi que la précarité de la vie dans le milieu juvénile à travers l’insertion et la réinsertion des jeunes dans la société ainsi que la formation professionnelle. Et un accent particulier sera mis sur l’agriculture avec ses six centres de production agricole d’une superficie de plus de 3000 hectares, la formation aux différents métiers dans d’autres centres notamment en mécanique, en couture, hôtellerie et autres. L’exécutif provincial de Kinshasa se propose aussi de soutenir des initiatives innovantes afin de booster l’entreprenariat des jeunes

Heshima Magazine

Leave A Reply

Your email address will not be published.