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Billet pour un retour à Kin La Belle !

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  • Le défi de la Ville de Kinshasa, chacun le présente à sa manière. Pour certains, il est question de voir le siège des Institutions de la République Démocratique du Congo redevenir Kin La Belle comme ce fut le cas vers les années 1970-80. Pour d’autres personnes, il s’agit de tout mettre en œuvre pour que la Ville de Kinshasa gagne des précieuses places dans le classement des villes africaines où il fait bon vivre. Il sied de rappeler que d’après le dernier classement qu’a publié le Cabinet Mercer en 2019, Kinshasa venait à la 42ème place en Afrique et à la 223ème place au monde, la première place étant occupée par la capitale de l’Ile Maurice, Port-Louis. Le cabinet Mercer s’est basé sur quelques critères majeurs tels que l’environnement socioculturel, politique et social; les considérations médicales et sanitaires ; les écoles et l’éducation ; les services publics ; le transport ; les infrastructures urbaines ; les loisirs ; les biens de consommation ; les logements et enfin l’environnement. De nombreuses villes africaines moins importantes en termes de démographie, de superficie comme Kigali ou encore Kampala devancent Kinshasa au classement.

 

Kinshasa, une Ville qui aime les défis!

 

Depuis 2015, la décentralisation telle que prévue dans la Constitution de la RDC est d’application sur toute l’étendue du pays de Lumumba. Ce mode de gestion consiste pour un État à conférer une partie de son pouvoir à des entités dites entités territoriales décentralisées.

 

En RDC, les secteurs, les chefferies, les villes et les communes sont décentralisés. Ces entités ont une autonomie de gestion et de budget. Le but principal est de concourir au développement intégré. Cela veut dire un développement partant de la base.

 

De 11, le Congo est donc passé à 25 provinces plus la ville de Kinshasa, siège des Institutions. Jadis Léopoldville, Kinshasa est une grande agglomération de plus de 10 millions d’habitants, d’une superficie de 9 965 km2, comptant 24 communes.

Une ville pas comme les autres sur plusieurs plans. De la politique aux sports en passant par la culture, Kinshasa passe pour une ville exceptionnelle. En 1974, le monde entier a les yeux rivés sur cette ville. La raison est doublement sportive. Alors que les Léopards du Zaïre (ndlr : équipe nationale du Congo sous MOBUTU avant de le redevenir de 2006 à ce jour) deviennent la première équipe nationale d’Afrique noire à participer à la Coupe du Monde de football en Allemagne, Kinshasa s’apprête dans la foulée à accueillir le combat du siècle (Mohamed Ali vs Georges Foreman).

 

Toujours vers les années 1970, le producteur français Bruno Coquatrix, promoteur de la salle mythique de Paris, l’Olympia, a effectué le déplacement de Kinshasa pour y chercher Pascal TABU LEY dit Rochereau afin de faire de lui le premier africain à prester plus d’une dizaine de fois sur la scène d’une des plus belles salles d’Europe.

 

La ville de Kinshasa a encore fait parler d’elle en abritant un Sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie en Octobre 2012, une grande messe qui a vu défiler un parterre de Chefs d’États de cette organisation culturelle. Il sied d’ailleurs de rappeler que la capitale congolaise est la troisième plus grande agglomération d’Afrique et la plus grande ville francophone du monde.

 

À côté de ces nombreux atouts pouvant faire de Kinshasa une des principales attractions du Continent africain, la capitale de la RDC est aussi le théâtre de plusieurs maux au point de constituer un véritable talon d’Achille du Congo. Une des villes les moins sécurisées devenue célèbre suite au phénomène des gangs de rue dits Kuluna mais aussi les plus sales. L’insalubrité est davantage le problème qui est inlassablement rattaché au frein du développement de Kinshasa, cette ville qui ne vit que des taxes. C’est de cette ville qu’a hérité Gentiny NGOBILA MBAKA en devenant Gouverneur. Une élévation aux allures de mission suicide que le premier citoyen de Kinshasa accepte à bras-le-corps et avec abnégation.

 

« KIN-BOPETO »

 

Lancé en décembre 2018, le processus électoral en République démocratique du Congo a placé à la tête de la Ville de Kinshasa Gentiny NGOBILA MBAKA comme Gouverneur, après une élection indirecte à l’Assemblée provinciale de cette entité.

 

En vrai autochtone de la ville, le Gouverneur NGOBILA n’a pas tergiversé pour présenter son programme aux élus de Kinshasa, mettant un accent particulier sur la sécurité des personnes et de leurs biens, mais aussi en déclarant la guerre à l’insalubrité et à la nuisance sonore. D’où le lancement de la campagne Kin-Bopeto, celle-ci poursuit la noble mission de transformer la ville de Kinshasa en un bijou où il fera bon vivre, un havre de paix.

Pour ce faire, le Gouverneur de Kinshasa a sollicité l’implication des bourgmestres de communes dans une vaste opération de salubrité générale, d’assainissement de la ville et de la lutte contre le phénomène Kuluna. Si Kinshasa était la belle hier, elle pourrait le redevenir aujourd’hui ! Il n’y a aucune fatalité quant à cette éventualité.

En dépit des constructions anarchiques et de fortune pullulant dans la capitale congolaise, le nombre de la population passée de 400 000 en 1960 à plus de 10 millions à ce jour,  les déchets ménagers qui s’enfouissent dans le sol et des flaques d’eau boueuses et nauséabondes favorisent la propagation de maladies telles que le paludisme et le choléra, Kinshasa reste la même ville avec les mêmes limites géographiques et les mêmes espaces non occupés. Dans cet environnement qui correspond au chaos, des volontaires, des âmes sensibles et des hommes de conviction en Politique à l’instar du Gouverneur de la Ville de Kinshasa Gentiny NGOBILA MBAKA existent. C’est un atout majeur au-delà de la mobilisation financière et du désespoir qui se veut compagnon des kinois. Est-ce que Kin redeviendra « Poto Moyindo » ? (ndlr : l’Occident noir en lingala). A cette question le Gouverneur de la Ville de Kinshasa répond par un grand oui grâce à son Programme quinquennal. Plus de 2 milliards de dollars américains à mobiliser en cinq ans en vue de transformer la capitale congolaise en paradis, une ville qui va attirer des touristes de partout, bref où il fera bon vivre. Le décor est planté depuis quelques mois et la population est gagnée par un engouement sans précédent.

Kigali est parvenue à devenir propre et salubre sans faire de la magie. La capitale du Rwanda sortait du génocide de 1994 et pourtant la voilà debout et de quelle manière. Des journées sans voitures et des coins du centre-ville interdits à la circulation en voiture depuis 2016, la suppression des sacs non-biodégradables depuis 2008 et une journée dénommée umunganda, l’équivalent de salongo à Kinshasa. C’est la recette rwandaise pour faire de Kigali une des villes les plus salubres du continent africain.

 

Kinshasa-Salubrité : la vieille histoire !

 

Les efforts de salubrité, tout sauf une nouveauté pour ceux qui ont vécu à Kinshasa autour des années 1970-80. Des témoignages fusent de partout. Une fonctionnaire à la retraite depuis sous couvert d’anonymat affirme : « Ça se faisait les samedis. Tout le monde devait nettoyer sa parcelle, prendre sa houe ou sa machette pour couper l’herbe des quartiers, des espaces verts. La circulation était interdite, tous les marchés étaient fermés, mais les vendeurs devaient nettoyer leur emplacement. On devait suivre les ordres, au risque d’être réprimandé, d’avoir une amende ou d’être pris pour un opposant.» C’est à cela que ressemblaient les mesures de salubrité au Congo sous l’ère Mobutienne.

A ce jour, où le Congo se veut de plus en plus démocratique, des voix s’élèvent pour condamner toute forme de dictature concernant le salongo obligatoire, arguant que la Ville devait puiser dans les impôts pour son entretien, et non mobiliser les Kinois de force et sans rétribution ». Et pourtant il est des cas qui appellent inéluctablement à la force de la loi. Tenez,  Jacques Chirac dans ses dernières heures à l’Elysée a signé l’ordonnance n° 2007-42 du 11 janvier 2007 relative au recouvrement des créances de l’Etat et des communes résultant de mesures de lutte contre l’habitat insalubre ou dangereux.

 

L’insalubrité n’épargne aucun coin du globe terrestre ; il suffit d’un laisser-aller, d’une absence de coercition ou sanctions pour que la plus belle ville du monde vire à la jungle.

 

Le défi de la salubrité de Kinshasa et le succès du Programme Kin-Bopeto sont loin d’être les seuls problèmes du Gouverneur Gentiny NGOBILA MBAKA. Il en donne certes, l’impulsion et en assure la supervision ; cependant, les kinois de tous horizons doivent retrousser leurs manches pour une application rigoureuse des mesures pour la transformation de leur ville.

Ce programme se propose comme une charte de vie à laquelle toutes les Kinoises et tous les Kinois doivent adhérer. Cette charte impose des principes réunis autour de 12 règles de vie, vulgarisées à travers une brochure intitulée «Kinshasa Bopeto, les idées-forces».

Au-delà du programme, Kinshasa-Bopeto c’est donc une philosophie, un mode de vie pour une métropole attractive, rayonnante et résiliente offrant un cadre de vie axé sur le mieux-être des Kinoises et Kinois. Pour arriver à ces résultats tant attendus, le Gouverneur de la ville de Kinshasa appelle  à l’implication de tous, sans distinction aucune. A travers ses différents discours, il invite la population kinoise à prendre un nouveau départ afin de réussir ensemble cette noble quête pour l’assainissement de Kinshasa.

«Changeons radicalement nos mentalités, inscrivons-nous dans une nouvelle dynamique pour l’éducation en matière d’assainissement, d’hygiène publique et de protection de l’environnement. Ce, en participant massivement chaque dernier samedi du mois, de 8h à 11h, aux travaux d’intérêt public pour que Kinshasa revête sa plus belle robe», sensibilise-t-il

 

Olyncia KASHEMA MUHONG

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